De Eduardo De Filippo
Mise en scène et scénographie Anne Coutureau
Du 21 au 25 novembre
Représentations à 20h30, le dimanche à 16h
DE EDUARDO DE FILIPPOTEXTE FRANCAIS HUGUETTE HATEMMISE EN SCÈNE ET SCENOGRAPGHIE ANNE COUTUREAUASSISTANTE A LA MISE EN SCENE ISABEL DE FRANCESCO
AVECELOÏSE AURIA / Maria RosariaPIERRE BENOIST / Face de moineFRANCESCO CALABRESE / Errico "SettebellizzePATRICK COURTEIX / CiappaCÉCILE DESCAMPS / Adélaïde SchianoEMMANUEL GAYET / Riccardo SpasianoPASCAL GUIGNARD / Federico et le docteurGAËTAN GUILMIN / AmedeoDAVID MALLET / Peppe-le-cricPAULINE MANDROUX / Donna Peppenella et TeresaSACHA PETRONIJEVIC / Gennaro JovineSOPHIE RAYNAUD / Sophie RaynaudPERRINE SONNET / Amalia Jovine
COSTUMES Philippe VaracheLUMIÈRES Patrice Le CadreDECOR ET CONSTRUCTION Elodie Monet ET Simon GleizesSON Jean-Noël YvenEXTRAITS MUSICAUX Nino RotaMAQUILLAGE / COIFFURE Solange BeauvineauMAQUILLEUSE Claire BernardREGIE Frederic Bures, Patrice Le Cadre ET Simon Gleizes
Avec l’Aide du CNT En co réalisation avec le Théâtre de la Tempête Avec le soutien de Tabarmukk
J'admire De Filippo depuis longtemps. J'admire son talent pour fabriquer des histoires très spécifiques, très ancrées dans le réel (lieu, époque, situations) dans lesquelles chaque homme peut se reconnaître. C'est sûrement l'un des plus grands talents d'un dramaturge. Molière a ce talent aussi.Et tout est là.Ça se passe à Naples en 1942 pendant la guerre et ça parle de nous aujourd'hui.
L'espoirEn l'occurrence, dans Naples millionnaire !, De Filippo présente le monde en ruines d'une humanité affaiblie où le repli sur soi est l'attitude la plus spontanée. Il montre que la seule voie porteuse d'espoir et de vie est la solidarité. Au sein des familles comme au sein des peuples et entre les peuples. "Les morts sont tous égaux, Amalia."Aujourd'hui, nous sommes à un moment historique de l'évolution de l'humanité. Menacés d'extinction, nous allons affronter de grands bouleversements qui mettent notre monde en question. Dans ce moment où chaque peuple, chaque individu doit prendre des décisions, qu'avons-nous besoin de nous rappeler avec certitude ?
La morale et la dignitéDe Filippo est un auteur profondément moral et s'interroge : "comment faire le bien quand on crève de faim ?"Il est animé d'une soif de justice, pense que ce qui est légal n'est pas toujours légitime et nous rappelle que vivre dans la dignité, c'est ne pas vivre aux dépens des autres.Il dénonce les injustices sociales autant que les petites lâchetés individuelles mais il ne donne pas de leçons. C'est un être moral qui ne fait pas la morale. Il agit en révélateur. Comme Gennaro au troisième acte se contente de s'asseoir simplement à la table familiale et d'attendre. Chaque personnage vient spontanément lui parler pour soulager sa conscience. A la suite de ce défilé, il conclut sans condamner personne. Ce qui est terriblement fort. Si l'on ne désigne pas de méchants, le monde devient vraiment compliqué et sans doute plus vrai.
L'humour et la poésieCertains artistes ont le talent de nous faire sourire très sérieusement.Comme Charlie Chaplin, De Filippo s'amuse avec la misère, s'amuse avec la souffrance, s'amuse avec la mort et va parfois très loin. Car il le fait en poète. Il est un clown qui danse sur le fil de la vie pour nous en rappeler la fragilité.Quand il écrit cette pièce, la guerre n'est pas finie. Il veut tendre un miroir à ses contemporains et va devoir faire preuve de génie pour ne pas heurter un public qui est encore à vif. Au-delà du grand message d'espoir que porte la pièce, il a trouvé un ton qui permet tout. Une façon de ne pas se complaire dans les larmes mais de pleurer quand-même ou de rire de choses terribles sans leur enlever leur gravité.Une voie qu'il a cherché à maintenir toute sa vie entre la tragédie et la comédie.Chez De Filippo l'humour est la forme poétique de la dignité.
L'éléganceAvec De Filippo, j'ai découvert que l'extrême élégance s'enracine très profondément. Que la vraie légèreté est celle qui reflète la gravité. Je pense aux fleurs du lilas; pour qu'elles puissent danser dans le vent et libérer leur parfum, il faut que l'arbre plonge ses racines au coeur de la terre. Ainsi le parfum du lilas nous parle de profundis et sa subtilité nous bouleverse violemment. De même, rien n'est univoque dans le théâtre de De Filippo : tout est humain, présent, incarné et légèrement "au-dessus" à la fois. Pas juste une distance, plusieurs directions à la fois.
L'écritureDe Filippo est avant tout un homme de théâtre : sur les planches à quatre ans, il recopie et "arrange" les manuscrits de son père à sept ! Comme Molière, il écrit pour la scène. Ses pièces sont de la matière scénique. Tout est jeu. Tout est dramatique dans le sens où tout a une signification scénique.La complexité psychologique est au service de l'action et réciproquement. Pour le metteur en scène, quelle richesse !Il faut toujours chercher dans les deux directions en même temps, ne pas privilégier l'une sur l'autre, passer de l'une à l'autre, doser, chercher l'équilibre. Rien n'échappe à la démonstration finale — le "super-objectif" dirait Stanislavski. Chaque détail est lié au sujet traité. C'est fascinant. Il connaît si intimement la machine théâtrale que les nécessités dramaturgiques ne détournent jamais le fil de la démonstration qu'il "suffit" de suivre.
Mon travail sur Naples millionnaire !Cette pièce est un chef-d'oeuvre précisément parce que ce qui s'en dégage dépasse ses propres frontières.Pourtant Naples, la guerre, cette guerre ne sont pas une illustration, le cadre d'une fable. Il faut comprendre ce qu'il y a de spécifique dans cette situation pour que cette histoire existe non pas comme une fin en soi mais de même qu'une âme a besoin d'un corps pour s'incarner, une vision du monde, une sensibilité artistique a besoin, au théâtre, d'une histoire pour s'exprimer. Plus les contours sont nets, mieux on voit, mieux on reçoit. En me concentrant à ancrer les personnages dans une réalité très précise, très approfondie, en réfléchissant à chaque détail, en ne laissant rien au hasard, rien de survolé, rien d'approximatif, je pourrai en quelque sorte mieux "m'occuper du reste", c'est-à-dire laisser résonner ce qui fait écho en nous, le parfum du lilas...
« Théâtre de haute morale, enseignée au milieu du rire et des larmes dans la prose âpre du quotidien. Il n'est pas un geste de cet admirable acteur et auteur populaire qui n'ait été pétri dans la plus juste humanité. Anne Coutureau le sert avec chaleur en un fier élan de reconnaissance. »
L'Humanité - Jean-Pierre Léonardini
« À travers l'aventure de cette famille et de leurs amis sont abordés, avec émotion et truculence, tous les thèmes qui passionnent l'humanité: la solidarité, l'injustice, la fidélité, le sens de la souffrance, les rapports homme-femme, la morale... Anne Coutureau, dont certains connaissent le grand talent, monte la pièce avec vérité, authenticité, générosité. Elle est servie par une distribution en tout point remarquable. »
Le Figaroscope - Jean-Luc Jeener
« Dans une belle scénographie qui évoque le cinéma réaliste italien, la mise en scène d'Anne Coutureau passe du burlesque à la gravité. Elle fait entendre l'interrogation assez amère de l'auteur sur l'avenir de son pays, tout en déchaînant le rire. »
Télérama - Sylviane Bernard-Gresh
« Par sa mise en scène très en mouvement et sa direction d'acteurs poussée vers le réalisme, Anne Coutureau a su faire palpiter cette histoire qui oscille avec adresse entre la comédie et le drame. La pièce dure plus de deux heures et jamais l'ennui ne vient s'abattre sur nous. »
Le Pariscope - Marie-Céline Nivière
« Un beau voyage au pays de l'humain. »
Journal du Dimanche - Jean-Luc Bertet
« Ces comédiens sont excellents. On se croirait dans les faubourgs de Naples! »
Politis - Gilles Costaz
« La mise en scène inventive plonge le public au plus près des préoccupations de chacun, entre comique burlesque et tragédie, dans l'âpreté existentielle des gens de peu. Des scènes cocasses égrènent le fil de la représentation [...] Tous les ingrédients du théâtre sont là : effroi, terreur, compassion et rire salvateur. Un sentiment d'émotion authentique est diffusé sur le plateau : une leçon d'Histoire, de morale et d'humanisme pour éradiquer la guerre à l'intérieur des têtes. »
La Terrasse - Véronique Hotte
« Mêlant habilement tragédie et comédie, [...] Naples Millionnaire! trouve la tonalité juste pour dépeindre une conscience morale reprenant ses droits sur l'appât du gain. Enivrant et poétique. »
L'express - Igor Hansen-Love
« Et que dire de l'interprétation ? Rien justement car elle est parfaite. Aucun comédien ne faillit à son rôle, tous sont poignants tant ils sont vrais.
Un magnifique spectacle que je vous recommande vivement. Et gageons que cette œuvre soit enfin connue du plus grand nombre. Merci en tout cas à Anne Coutureau d'avoir si bien su la mettre en lumière. »
Mes illusions comiques - Audrey Natalizi
« C'est en assistant à de tels spectacles que l'on prend conscience de ce que peut être le théâtre quand il se fait l'art du présent et du vivant.
L'humour ne fait pas défaut dans ce texte aux accents plutôt dramatiques. La mise en scène se montre généreuse à ce niveau. Il faut souligner également la fabuleuse énergie de troupe. Chacun des treize acteurs tient sa partition avec une justesse redoutable. »
Théâtrorama - Paul Barthe
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